lundi 15 janvier 2018

Oops I Read It Again - The Crow

Premier épisode de Oops ! I Read It Again... L'émission qui vous parle des classiques du monde des comics.

Premier épisode faisant place à la mélancolie et et à la noirceur du The Crow de James O'Barr.

mardi 2 janvier 2018

Top 5 : Lectures 2017

Bonne année à tous les Sidekicks !
 
Ah... ce moment de l'année où au lieu de prendre de bonnes résolutions, je me penche avec nostalgie sur le passé. C'est pour ça que plutôt que de vous parler des projets de la chaîne (il y en a... notamment un nouveau format... Oops, j'en ai déjà trop dit...) je vais vous parler des cinq lectures qui m'ont le plus marqué en 2017.
Certains des albums dont je vais parler ici ont déjà été traités plus en détail dans des articles et d'autres sont sortis avant 2017... mais on parle de choses que j'ai découvertes en 2017, donc déso pas déso...
 
 
#5 : Animosity (Snorgleux Comics)
 
Déjà traité plus en profondeur dans un article, Animosity fut pour moi le principal point d'intérêt du Free Comic Book Day 2017. Cette aventure post-apo dans un univers où tout le monde devient vegan suite à prise de conscience des animaux est à la fois un récit touchant, rythmé et profondément sociétal. 
L'histoire de Jesse et son chien Sandor en quête du grand frère de la jeune fille ont lieu dans un monde à la fois magique et terrifiant. Un récit qui vous donnera envie de faire un gros câlin à votre animal de compagnie.

#4 : Daredevil (Panini Comics)
 

Peut-être que je n'en parle pas assez, mais Daredevil est l'un de mes super-héros favoris. Je suis cependant bien forcé d'admettre que certains runs ont une fâcheuse tendance à m'horripiler et celui de Charles Soule me semblait faire partie de ceux-là. Nouveau costume, nouveau boulot, apparition du sidekick Blindspot... Le Daredevil post Secret Wars éveillaient chez moi une certaine méfiance.
Cependant, après trois tomes sortis chez Panini, à moi de reconnaitre que j'ai eu tout faux. Le nouveau costume de Tête à Cornes est plutôt cool, le mystère sur ce qui s'est passé dans sa vie professionnelle - bien que secondaire - est prenant et... la relation maître / élève entre Matt et Sam commence vraiment à donner quelque chose d'intrigant. Si on ajoute à ça le style Romita / Rétro / Moderne de Ron Garney, le nouveau Daredevil est une excellente cuvée.

#3 : Trillium (Urban Comics)
 

Bon... celui-ci date d'avant 2017 mais ce n'est que cette année que j'ai pu découvrir ce bijou de Jeff Lemire. Deux explorateurs séparés par des millénaires et par des millions de kilomètres se retrouvent et tombent amoureux autour du dernier espoir de l'Humanité.
Il y a trop de mots pour décrire Trillium mais le plus important pour moi doit être "expérience". Les huit chapitres de cette love story psychédélique et intemporelle sont vraiment quelque chose qui donne à vivre au lecteur une histoire magnifiée par des effets de mise en scène qui donnent le vertige (ceux qui l'ont lu comprendront : par moments, je ne savais plus dans quel sens tourner le livre ou les pages). Un petit chef d'oeuvre !
 

#2 : Croquemitaines (Glénat)


Alors que certains nous rappellent que nous sommes "la nation française" sans que ça me touche, je suis quand même fier de vous annoncer que là on va parler d'une production cocorico !
Croquemitaines c'est l'histoire d'un petit garçon qui découvre que les monstres sous le lit et dans le placard existent bel et bien. Témoin du meurtre de ses parents, il vivra alors une nuit pleine de cauchemars aux côtés du Père-la-Mort (le croquemitaine qui vit dans sa maison) qui tentera de le protéger des créatures de la Nuit. Fortement référencé en termes de mythologies et influencé par les écrits de Gaiman, le scénario de Mathieu Salvia nous entraine dans les coins sombres des ténèbres. L'histoire est mise en images par le talentueux Djet qui donne à la fois charisme et humanité à cette galerie de monstres se nourrissant de nos peurs les plus intimes.
Un seul défaut... La série n'est qu'en deux tomes...

#1 : The Wicked + The Divine (Glénat)
 
 
Plus d'une fois en 2017, j'ai tiré mon chapeau à Glénat pour la qualité de son catalogue. Pourtant, je n'ai découvert The Wicked + The Divine qu'en octobre dernier... 
Tous les quatre vint dix ans, douze divinités s'incarnent dans le corps d'autant de jeunes gens et meurent dans les deux années qui suivent. Ils sont vénérés, ils sont aimés, on doute d'eux alors que d'autres leur accorde un amour et une foi aveugle... Fable pop aux références tentaculaires... Enquête policière à la frontière entre mythologie et show business... Quête initiatique d'une jeune femme qui cherche les réponses à ses questions dans les autres, surtout quand les "autres" sont dans la lumière. Servi par les planches de Jamie McKelvie, le récit de Kieron Gillen est en quelque sorte l'aboutissement des prémices qui m'ont fait vibrer dans Phonogram (paru aussi chez Glénat). C'est beau, c'est coloré, ça fait réfléchir et une diablesse du nom de Lucy se prend pour David Bowie... Ai-je vraiment besoin de continuer ?
 
Et voilà, c'est tout pour mon Top 2017. Et vous les Sidekicks qu'est ce que vous avez aimé lire ? Qu'est ce qui vous a fait vibrer et vivre au cours des douze derniers mois ? 

Comics Theory - Harder Better Faster... Silver

Bonne année 2018 les Sidekicks !
 
On commence ce nouveau chapitre avec un épisode de Comics Theory qui se sera fait attendre. Il inaugure une série de vidéos de vulgarisation scientifique que l'on pourrait appeler "Apprenons des trucs sur le monde et l'univers avec nos amis les super-héros".

Première théorie : Qui est le plus rapide des super-héros ?
 

dimanche 17 décembre 2017

Super Castor : Maximum Security (Marvel)

Comment créer un "bon" event dans les comics ? De nos jours, ça serait une histoire qui remet en question tout ce en quoi nous avons pu croire, une catastrophe aux ramifications cosmiques ou une bonne excuse pour un reboot... Pourtant, il existait un temps où un event pouvait être aussi pétaradant qu'un blockbuster estival sans pour autant changer la politique d'une maison d'édition pendant des mois. Mesdames... Messieurs... Les Sidekicks... On va parler de Maximum Security !


Scénarisée par Kurt Busiek, cette petite mini-série en trois épisodes (et une bonne dizaine de tie-ins mais on y reviendra plus tard) publiée intégralement en janvier 2001, Maximum Security raconte comment le Conseil Galactique et ses représentants de toutes les races intelligentes de l'univers décident qu'ils en ont assez de voir les Terriens interférer avec des affaires qui les dépassent. Cherchant un moyen de renvoyer les primitifs que nous sommes se mêler de leurs oignons, le Conseil se voit approché par la race des Ruul qui proposent une solution pour le moins intéressante.


Un mur (idée très originale... qu'un candidat à l'élection américaine reprendra comme promesse de campagne 15 ans plus tard) d'énergie entourera désormais la Voie Lactée, empêchant les Terriens de se balader dans l'univers. Comme cela ne suffit pas, il est également décidé que notre bonne vieille planète bleue deviendra une prison pour tous les criminels aliens et que Ronan l'Accusateur est nommé maton en chef. Trop occupés à gérer ces nouveaux arrivants plutôt belliqueux, les héros terriens n'auront pas le temps de trouver un problème à leur isolement forcé.


Un bon event... ça ne s'éparpille pas et le meilleur moyen d'y parvenir c'est de ne pas suivre plusieurs protagonistes principaux. Ici, le héros de l'histoire n'est autre que U.S Agent, l'ancien remplaçant de Captain America qui prend de nouvelles fonctions - et un nouveau costume très Dreddien - à la Commission sur les Activités Surhumaines. Propulsé à la tête d'une unité de marshalls subtilement nommés S.T.A.R.S, c'est lui qui découvrira les causes de la multiplication des hors-la-lois cosmiques sur notre bonne vieille terre.


Un bon event... ça ne demande pas de lire 150 tie-ins pour comprendre ce qui s'y passe. Ici, le concept de la mini-série principale se prête merveilleusement au jeu. Les titres qui portaient la bannière Maximum Security se contentaient pour la plupart de narrer la rencontre - musclée - entre un héros et un extraterrestre fraichement débarqué dans sa nouvelle taule. A vrai dire, seuls l'un des prologues est véritablement intéressant à lire (Maximum Security: Dangerous Planet #1) et les seuls événements ayant un lien à l'arc principal sont même dispensables (pour les puristes, on les trouve dans Gambit vol. 3, #23 et Bishop : The Last X-Man #15).



Et pour finir, un bon event, c'est quelque chose qui respectent son univers sans pour autant le réécrire. Kurt Busiek s'évertue à nous faire faire le tour des quantités de races aliens que la Maison des Idées a pu produire et surtout de leur pires représentants : les Frères de Sang, Cap'n Reptyl, le Cadre K... et surtout Ronan l'Accusateur et Ego la Planète Vivante viennent donner du fil à retordre à nos héros. Pourtant... Maximum Security s'achève sans véritablement transformer l'univers Marvel et seuls quelques personnages sont affectés par les événements de cette révolution cosmique.


Grand oublié au milieu des Infinity War et autres Secret War(s), Maximum Security reste un exemple parfait de spectacle respectueux, intelligent et qui ne se prend pas pour LE crossover qui va révolutionner le genre... et après tout, n'est ce pas ce qu'on attend d'un... bon event ?


vendredi 8 décembre 2017

Review : Batman / Judge Dredd

L'un est la nuit, l'autre est la loi... Le chevalier noir veille sur les rues de Gotham en inspirant la peur, alors que le premier Juge de Mega City One traverse les canyons de sa cité en dispensant une justice sommaire. Que se passe-t-il quand le plus grand détective du monde rencontre le flic le plus hardcore du futur ?



C'est la question à laquelle répond cet album sorti chez Urban Comics en ce début du mois de décembre. Rassemblant les 4 récits narrant les différentes rencontres entre les deux héros (ainsi que Lobo / Judge Dredd : Psycho Bikers Vs. Mutants From Hell dont je ne parlerai pas ici car - bien que fun à lire - il nous éloigne du propos) ils sont également l'occasion de la rencontre d'une pléthore d'artistes pour un défilé de violence en toute beauté.
 
Mais on aime Lobo quand même...
Tout commence avec Judgement on Gotham et l'arrivée de Judge Death à Gotham via une ceinture de téléportation interdimensionnelle. Bien qu'ayant réussi à se débarrasser du Juge psychopathe, Batman se verra à son tour transporté vers Mega-City One où seule la Juge télépathe Anderson lui permettra d'échapper à l'incarcération à laquelle Dredd le destinait. De retour dans sa ville - et pourchassé par Dredd - il devra faire face au retour de Death, à son alliance avec l’Épouvantail et à Mean Machine Angel (que les fans ... que ceux qui ont vu le premier film Judge Dredd connaissent) lui aussi arrivé dans l'univers DC.


Dans Vendetta in Gotham c'est au tour du Juge casqué de venir rendre visite à l'Homme Chauve-Souris pour régler ses comptes et ceux du Ventriloque et de Scarface. Puis, Le Sphinx et le mystérieux Seigneur Xero joueront au chat et à la souris avec nos deux héros dans The Ultimate Riddle. Divers histoires et rencontres tenues par un fil conducteur ténu : un médium a prédit que Batman sauverait Mega-City One de la destruction.



Et quelle autre forme pouvait prendre cette destruction si ce n'est celle du Joker ? Dans Die Laughing, ayant lui aussi mis la main sur une ceinture interdimensionnelle, le Clown Prince du Crime libère Judge Death et ses complices les Juges Noirs - Mortis, Fire et Fear - en échange d'une immortalité qu'il obtiendra en devenant le cinquième membre de cette équipe convaincue que puisque "tous les crimes sont commis par des vivants", la vie elle-même est un crime... passible de la peine de mort.



Tout d'abord un grand merci à Urban d'avoir republiée ses histoires tombées dans les limbes depuis des dizaines d'années. Pur produit des années 90 et de la vague des auteurs britanniques issus de 2000 A.D dans le comics américain, le scénario est confié aux bons soins de John - le papa de Dredd - Wagner et Alan - créateur du Ventriloque, de Zsasz et d'Anarky - Grant. Il leur incombe d'opposer deux personnages qu'on aurait pu croire étrangement proches. Sur une base classique de crossover allant du quiproquo suivi de la bagarre entre héros avant de s'unir contre l'ennemi, les deux auteurs créent l'antagonisme des deux protagonistes sur l'implacable credo de Dredd : Il est la loi...



Face à lui, Batman ressemble presque à un boy-scout tentant de suivre la ligne de conduite qu'il s'est forgé. Il n'est qu'un élément du système là où Dredd EST le système. Il représente un certain idéalisme que tout le monde - sauf le Juge Anderson - semble avoir oublié dans le monde de Mega-City One... Et plus important que tout : Batman ne tue pas alors que Dredd et Juge, Jury et Bourreau...



Une grande histoire nécessite de belles images pour la conter... C'est le cas ici... à part peut être avec le travail de Cam Kennedy sur Vendetta in Gotham que je trouve un peu en dessous du reste. Mais quel "reste" ! Simon Bisley ouvre une marche conclue par Glenn Fabry... Le résultat est du coup magnifique avec cette touche post punk qu'on ne trouve que chez les auteurs qui ont vécu au Royaume-Uni sous Margaret Thatcher. Tout en faciès tordus et mégalopoles malsaines, les planches illustrent parfaitement bien la folie à laquelle les deux héros se confrontent.


Complétistes de l'univers Batman... Fanatiques de l'ironie mordante et de la critique sociale qu'incarne Judge Dredd... Vous savez ce qu'il vous reste à faire ! Quant aux autres ? Vous pouvez faire la même chose !

mercredi 29 novembre 2017

Et Vlog La Galère - Justice League

Il est là... LE film censé être le point culminant du DCU...
 
Qu'est ce que ça donne ? Et bien un sympathique fan film complètement boiteux.... 
 

vendredi 24 novembre 2017

Review : Fondu au Noir (Delcourt)

Ed Brubaker et Sean Phillips... Un duo dont les habitués du blog doivent se souvenir tant le fruit de leurs multiples collaborations a été traité, disséqué, analysé et porté aux nues de mes reviews. De Incognito à Fatale en passant par Criminal, la paire d'as a su à chaque fois confirmer son talent tout en se réinventant au sein du microcosme du comics à références 50's et 60's. Une touche de Pulp par ci, un soupçon de roman noir par là, chaque nouvel opus atterrit immanquablement sur ma wishlist.



Comme vous pourriez vous en douter, Fondu au Noir (The Fade Out en VO) nous plonge dans le monde du cinéma. Starlettes, paillettes et apparences trompeuses sont donc au menu du récit qui nous est proposé ici. Le Hollywood de 1948 et ses studios tentaculaires deviennent alors le cadre d'une sinistre histoire de meurtre dont peu de protagonistes sortiront indemnes.



Tout commence quand Charlie Parish, scénariste incapable d'écrire depuis son retour de la seconde guerre mondiale et servant de prête-nom à un de ses collègues blacklisté pour ses accointances communistes, se réveille dans une baignoire. Il ne se souviendra pas des détails de la soirée de la veille mais la découverte du cadavre d'une actrice étranglée dans la pièce voisine l'obligera bien vite à essayer de reconstituer les pièces du puzzle de cette nuit fatale.



Fondu au Noir prend donc place au sein d'un âge d'or se précipitant vers sa fin avec tout ce que cette dernière implique de décadence et de violence. C'est un film noir prenant place précisément là où le film noir est né. Relecture moderne et dessinée du Sunset Boulevard de Billy Wilder (film de 1950 qui a inspiré David Lynch sur Mulholland Drive, excusez du peu), la série nous balance tous les clichés du genre dans une oeuvre labyrinthique. La starlette au passé trouble, le scénariste alcoolique, l'acteur homme à femmes, les pontes des studios qui Weinsteinisent bien avant l'heure du #BalanceTonPorc...



J'aime les clichés. Les clichés sont comme autant d'amis qui nous rassurent, nous rappellent qui nous sommes et où nous nous trouvons. Ed Brubaker sait jouer de ces clichés et peint avec finesse une histoire dans laquelle le lecteur se plonge comme dans un bon roman de gare. Ici les films fictifs et personnages inventés croisent la route de la vraie vie à l'occasion d'une conversation ou d'une rencontre avec Clark Gable ou Dashiell Hammett.



C'est donc dans un univers connu que le scénariste nous balance ses personnages. Brodski, le chef de la sécurité du studio qui fait taire les scandales à coups de poing américain dans les dents. Dottie, la secrétaire à lunettes qui connait tout le monde et garde leurs secrets. Gil, le scénariste artiste balancé comme communiste au FBI et qui trouve une inspiration destructrice au fond d'une bouteille d'alcool ou dans la salle de jeux d'un tripot. Autant de visages auxquels les crayons de Sean Phillips donnent vie... même dans la rigidité de l'oeil d'un cadavre.



Toutefois, arrêtons nous sur Charlie. Protagoniste d'une intrigue dont personne ne veut qu'il soit le héros, il rejoint les rangs de tous les anti-héros Brubakeriens. Désabusé, brisé par les horreurs de la guerre, il cherche maladroitement à faire briller la lumière de la vérité dans le monde des salles obscures. Son enquête le mènera d'ailleurs au fond du trou au propre comme au figuré, à la poursuite d'un fantôme dans un enfer crépitant du flash des appareils photos au garde à vous sur le bord des tapis rouges.



Que dire de planches de Sean Phillips ? Elles sont tout simplement somptueuses. Il nous offre un Hollywood aussi sale et glauque que les âmes damnés qui y règnent alors que les innocents errent en quête de célébrités. Plus d'une fois, on s'aperçoit que les seuls "beaux" moments sont ceux apparaissant sur les écrans. Mensonges et réalité s'inversent donc dans une valse aux accents poisseux. Un effet de mise en scène qui culmine dans une conclusion à la fois peu surprenante mais terriblement réaliste. L'innocence est morte et on célèbre les faux semblants.



Lecture destinée à un public adulte, Fondu au Noir démontre encore une fois le talent d'Ed Brubaker. Un must pour les fans de comics inhabituels, de cinéma noir et blanc et d'histoires aussi noires que la nuit. Un conte sombre qui sent le tabac froid et le whisky bon marché.